A l'origine de la soie
La soie n'est pas un tissu...
C'est un monde...
Un univers à elle seule...
C'est un voyage depuis les confins de du Pays du Soleil-Levant, jusqu'aux ports de l'Occident...
La soie c'est 5000 ans d'histoire...
C'est à une femme que la légende accorde la découverte du fil précieux.
2700 ans Avant J-C, la princesse Hsi-Ling-Shi, épouse de l'Empereur de Chine Huang-Ti, prend le thé à l'ombre fraîche d'un mûrier. Un cocon, blanc, oblong - plus long que large et arrondi aux extrémités tel un oeuf - vient à tomber dans la tasse brulante. Hsi-Ling-Shi essaie de s'en emparer de ses doigts délicats et ne réussit qu'à saisir un fil transparent et dix fois plus fin qu'un cheveux... Ce fil sans fin s'enroule encore et encore autour des doigts de la princesse.
Un voile de soie pour étouffer la guerre.
Plus précieuse que l'or, plus efficace que les armées de l'empire, la soie a permis de maintenir la paix avec les peuples barbarres de l'Ouest beaucoup plus surement que ne l'a fait la Grande Muraille de Chine.
Pour assurer la fidélité de ses royaume, l'Empereur de Chine négociait la paix en offrant de superbes soieries à ses vassaux. Lui seul détenait le secret de fabrication de la soie. Ce secret était des mieux gardé; tout individu surpris avec des cocons aux frontières de l'Empire était immédiatement mis à mort.
Et pourtant, un jour une princesse promise à un roi aux confins de l'Asie centrale, déplora ne plus trouver de soie pour se vétir dans son nouveau pays... Elle cacha des oeufs de Bombyx et des graines de mûrier dans sa chevelure avant de quitter la Chine. Avec elle, le secret se dirigea vers l'Occident.
Trois partenaires pour un fil divin.
Car l'histoire de la soie, c'est aussi l'histoire d'une symbiose quasiment parfaite entre trois espèces;
Un arbre, le mûrier.
Un insecte, le papillon Bombyx mori.
L'homme.
Le bombyx du mûrier est devenu au fil du temps totalement dépendant de l'homme pour sa survie. Son corps s'est considérablement alourdi et ses ailes atrophiées lui interdisent désormais de voler...
Entièrement domestiqué, il n'en reste plus dans la nature!
Tout commence avec un oeuf dont l'éclosion coïncide avec la pousse des feuilles de mûrier; la nourriture exclusive des jeunes larves.
L'élevage du ver à soie requiert de tant de soins qu'il a été très longtemps confié aux femmes et qu'il est appelé "éducation". Au début de l'histoire, c'était des femmes qui portaient sur elle les oeufs afin que ceux ci aient une bonne tempérture pour arriver à terme...
Une fois l'éclosion effectuée, la petite larve va manger sans cesse les feuilles de mûrier. La chenille va multiplier son poids par 10000 ...
A l'échelle humain, c'est un bébé qui nait à 3 kilo et 50 cm pour devenir un adulte de 10 mètres de haut pour un poids de 30 000 kilos...
Ainsi une once de graines, soit 25 grammes d'oeufs représentant 30000 oeufs vont consommés en un mois 1 tonne de feuilles fraîches de mûrier et s'étendre en fin de cycle sur 30 mètres carrés... Dans les salles le bruit des mandibules des chenilles dévorant les feuilles ressemble au bruit de la pluie sur un toit de tôle.
Une fois arrivée à son terme de croissance, comme tout bon papillon qui se respecte, la larve du bombyx va s'enfermer dans un cocon afin de se transformer en papillon. Pour celà, elle va, grâce à deux mandibules, tisser un cocon en "bavant" un fil de soie d'une longueur qui peut atteindre 2 kilomètres de long.
A l'intérieur du cocon fini, la chenille ne sera plus qu'un tout petit vers de 2 centimètres de long, s'étant tout vider de sa soie...
Pour obtenir une fibre de soie, l'homme va ensuite assembler plusieur fils à soie, puis reviendra au talent des tisserants pour en faire des joyaux de tissus, et nous offrir depuis plus de 5000 ans le tissu le plus confortable au monde...
extrait du livre " Papillons du monde" de Gilles MARTIN - Textes de Myriam BARAN - édition de La Martinière.

